LE TRAUMATISME CRANIO-CÉRÉBRAL
(TCC)
Le traumatisme cranio-cérébral est la conséquence
d'un choc du cerveau sur la boîte crânienne causé
par un coup ou un contrecoup, résultat d'une accélération,
une décélération ou d'une rotation brusque.
Le TCC peut aussi être causé par un objet pénétrant.
L'événement entraînant une ou des lésions
au tissu cérébral provoquera une destruction ou
une dysfonction des cellules cérébrales (neurones)
provoquant ainsi divers bouleversements.
La gravité de l'accident déterminera l'ampleur
des dommages et l'intensité du traumatisme; le tout
impliquant des conséquences dont la lourdeur sera directement
proportionnelle à la sévérité dudit
traumatisme. Aussi, distinguons-nous quatre types de catégories
diagnostiques chez les personnes traumatisées cranio-cérébrales,
soit :
- mineur (très léger, sans perte de conscience)
- léger (altération physiologique réelle
des processus mentaux mais difficilement visualisable)
- modéré (en général de 3 à
6 heures de perte de conscience entraînant des séquelles
observables)
- grave (plus de 6 heures d'inconscience - voire plus - même
du coma, conduisant à une amnésie post-traumatique
qui, si elle excède 14 jours, pourra entraîner
des séquelles sévères, voire permanentes).
Ces perturbations, quel qu'en soit leur degré, sont
réparties en deux dimensions, personnelle et relationnelle,
chacune étant subdivisée en trois catégories
soit, pour la dimension personnelle : physique, cognitive et
affective; et pour la seconde (relationnelle) : familiale, sociale
et scolaire / professionnelle.
LA DIMENSION PERSONNELLE
Il s'agit ici de ce qui touche la personne elle-même,
son intégrité personnelle. C'est la dimension
avec laquelle elle sera confrontée au départ.
Il lui faudra apprendre à vivre avec ces perturbations
avant de se préoccuper de la dimension relationnelle.
L'aspect physique
Suite au traumatisme, les séquelles les plus apparentes
seront reliées à des déficiences ou à
des incapacités physiques. Il s'agira cependant de l'aspect
dont la récupération sera souvent la plus satisfaisante
et les difficultés motrices se résorberont petit
à petit. L'utilisation d'équipements spécialisés
accélérera la rémission. Une lésion
entraînera cependant une paralysie partielle (hémiparésie)
ou complète (hémiplégie) du côté
du corps opposé à celui de l'hémisphère
touché (ex.: hémisphère gauche = paralysie
à droite). Des pertes sensorielles et maux divers (tête,
étourdissements, etc.) y sont aussi associés.
L'aspect cognitif
Moins discernable, cet aspect est néanmoins particulièrement
présent. Des troubles de concentration, d'attention,
de mémoire (court terme et long terme) et des difficultés
à résoudre des problèmes de la vie courante
se manifesteront fréquemment et pourront nuire considérablement
à un retour aux études ou au travail. Des difficultés
à communiquer sont souvent remarquées et reliées
à une aphasie. On pourra aussi observer une passivité,
une lenteur ou encore une persévération (répétition
automatique et inadaptée) dans l'action. Les personnes
ayant vécu un TCC seront aussi très (voire même
trop) centrées sur le moment présent.
L'aspect affectif
Une variation de l'humeur caractérise souvent les victimes
de TCC (ex.: hypersensibilité sans motif apparent). Ces
personnes manqueront aussi de contrôle et agiront de manière
colérique ou agressive sans réfléchir aux
conséquences de leurs gestes. Une perte du goût
d'agir, une absence de motivation donneront des comportements
apparemment apathiques et dépressifs. Il est aussi reconnu
que le TCC vient accentuer les traits de personnalité
qui existaient avant l'accident.
LA DIMENSION RELATIONNELLE
La famille
La vie familiale ou de couple sera inévitablement perturbée
lorsqu'arrivera l'événement. De l'hospitalisation
à la réintégration au domicile, tout le
fonctionnement de la vie courante est chamboulé. La perte
d'autonomie, cognitive et physique, exige une redéfinition
des rôles, du partage des tâches et des responsabilités.
Les changements occasionnés dans la personnalité
de l'individu désorienteront l'entourage qui aura à
faire face à de nombreuses demandes non pertinentes à
la situation, quelquefois inconvenantes et souvent répétées.
C'est une expérience éprouvante pour les proches
entraînant une augmentation de stress et d'insécurité
de même qu'une détérioration du climat de
vie.
La vie sociale
La réintégration sociale est la phase déterminante
et cruciale pour laquelle il ne faudra ménager aucun
effort. L'adaptation à l'handicap physique et à
ses limitations est particulièrement difficile à
surmonter pour les jeunes pour qui l'aspect physique et les
activités sportives, scolaires ou professionnelles prennent
une proportion qui se relativise mieux à l'âge
adulte. Pour l'entourage immédiat, il faudra éviter
la surprotection de la personne et viser les interventions qui
inciteront à l'autonomie.
Le milieu scolaire et la vie professionnelle
Souvent la personne ayant subi un TCC devra revoir la hauteur
de ses aspirations et projets. Les difficultés reliées
à l'aspect cognitif l'empêcheront de conserver
les mêmes standards d'études ou professionnels
et les revoir à la baisse. Une scolarité plus
facile, un emploi moins complexe peuvent entraîner, par
le fait même, une rémunération souvent moindre.
Cette expérimentation de la dévalorisation combinée
au manque de préparation du milieu d'accueil sont autant
d'étapes difficiles à surmonter pour la victime
d'un TCC.
La collaboration et la compréhension des proches seront
essentielles au rétablissement optimal de la personne
TCC. Bien comprendre la problématique sera alors primordial
pour tous ceux qui auront à côtoyer la personne
accidentée surtout sur une base régulière
ou permanente.